
La tragédie survenue récemment à Crans-Montana a profondément marqué la population valaisanne et bien au-delà. Nos pensées vont avant tout aux victimes, à leurs familles et à leurs proches, ainsi qu’à toutes les personnes durablement touchées par cet événement dramatique.
Dans un contexte encore empreint de recueillement, mais aussi de questionnements et d’émotions légitimes, l’APCAV, par la voix de sa Présidente et au nom de son comité, souhaite apporter une contribution constructive et clarifiante à destination de ses membres et de la communauté de Verbier.
L’objectif de cette prise de parole n’est ni de commenter une enquête en cours, ni de relativiser la gravité des faits. Les responsabilités liées à l’incendie de Crans-Montana devront être établies par les autorités compétentes et assumées dans le cadre prévu par le droit. Il s’agit ici de rappeler le cadre existant, d’expliquer les rôles respectifs des différents acteurs et de réfléchir, collectivement, à la manière de renforcer la vigilance et la prévention afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Un cadre suisse fondé sur la prévention et la sécurité des personnes
La protection contre l’incendie repose en Suisse sur un cadre légal et réglementaire structuré, visant à prévenir les risques et à assurer la sécurité des personnes, en particulier dans les bâtiments et établissements recevant du public.
Ce cadre s’appuie notamment sur :
- Des normes techniques harmonisées à l’échelle suisse, en particulier celles élaborées par l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI) ;
- Des législations cantonales précisant les obligations en matière de prévention, de contrôle et d’intervention ;
- Une répartition des compétences entre canton, communes et services spécialisés.
L’objectif premier de ce dispositif est de réduire les risques, d’identifier les situations dangereuses et de permettre une intervention rapide et efficace en cas de sinistre.
Les spécificités valaisannes : rôles institutionnels et cadre d’intervention
En Valais, la protection contre l’incendie est régie par une législation cantonale précise. Les communes sont responsables de son application sur leur territoire, sous la surveillance des autorités cantonales compétentes.
Concrètement :
- Les communes exercent la police du feu, mettent en place des commissions spécialisées et organisent des inspections périodiques des bâtiments ;
- Le canton assure un rôle de coordination, de surveillance et d’expertise, notamment à travers l’Office cantonal du feu ;
- Les corps de sapeurs-pompiers, organisés à l’échelle communale ou intercommunale, assurent le sauvetage des personnes, la lutte contre l’incendie et la sécurisation des lieux.
Les bâtiments recevant du public ou présentant des risques particuliers font l’objet de prescriptions spécifiques et de contrôles adaptés, en raison des enjeux majeurs de sécurité qu’ils représentent.
Ce que ce drame nous oblige à regarder pour l’avenir
Un événement de cette ampleur appelle un examen lucide et rigoureux du fonctionnement des dispositifs existants. Sans anticiper les conclusions des enquêtes en cours, il est légitime de s’interroger sur :
- La compréhension et l’application des normes en vigueur ;
- La fréquence et l’efficacité des contrôles ;
- La formation et l’information des exploitants et du personnel ;
- La capacité à identifier et à signaler des situations à risque.
Cette réflexion doit se mener dans le respect des faits, des procédures et des personnes, sans confusion entre émotion légitime et analyse structurelle, avec un objectif clair : renforcer la prévention et la sécurité à l’avenir.
Le rôle que souhaite jouer l’APCAV
En tant qu’association représentant des propriétaires de chalets et d’appartements à Verbier, l’APCAV est concernée par ces enjeux et estime avoir un rôle à jouer sur le plan de l’information et de la sensibilisation.
Dans ce cadre, l’APCAV souhaite notamment :
- Informer ses membres de manière claire et accessible sur le cadre légal et les bonnes pratiques en matière de prévention incendie ;
- Encourager une culture de vigilance, tant pour les biens privés que pour les biens loués ou ouverts au public ;
- Collaborer de manière constructive avec les autorités communales et cantonales, ainsi qu’avec les autres associations concernées, notamment au sein de la FVSR2 ;
- Contribuer aux réflexions qui permettront, le moment venu, de tirer les enseignements nécessaires pour renforcer les dispositifs existants.
Des ressources officielles et des informations pratiques existent pour les propriétaires et exploitants souhaitant approfondir ces questions. L’APCAV pourra, le cas échéant, relayer ces éléments de manière ciblée et appropriée.
Pour conclure, le drame de Crans-Montana rappelle avec force que la sécurité des personnes exige une attention constante, des règles claires et une vigilance permanente.
Dans le respect du travail des autorités et de la mémoire des victimes, l’APCAV souhaite contribuer, de manière constructive, aux réflexions permettant de tirer les enseignements nécessaires afin qu’un tel drame ne se reproduise jamais.
Brigitte Borel
Présidente de l’APCAV
Au nom du comité
